Les 3 styles de gin : guide des différents types de gin
Les 3 types de gin reconnus par la réglementation européenne coexistent avec des styles qui gravitent autour d'eux : du london dry sec et précis à la liqueur de prunelle, en passant par l’Old Tom plus souple.
Les types de gin reconnus par la réglementation européenne
La réglementation européenne des spiritueux distingue officiellement trois catégories : le london dry, le dry gin et le sloe gin. La nuance ne tient pas à un simple nom bien habillé, mais au procédé de fabrication et au moment où les botaniques entrent en jeu.

Qu'est-ce qui définit le gin comme spiritueux ?
Le gin est un spiritueux élaboré à partir d’un alcool éthylique d’origine agricole, aromatisé par des baies de genièvre.
L’alcool de base provient le plus souvent de céréales, comme le maïs, le seigle ou l’orge, mais il peut aussi être issu de pomme de terre, de betterave ou de mélasse selon la région et la maison. En complément, agrumes, coriandre, racine d’angélique, lavande ou cannelle dessinent une vraie variété de profils, du plus droit au plus aromatique.
Un gin distillé ne doit pas sa qualité au nombre de plantes utilisées, parfois très élevé, mais à leur équilibre. En bouche, la différence se joue sur l’intégration des botaniques : une redistillation en alambic fixe les arômes avec plus de précision qu’une simple infusion à froid.
Gin pourcentage alcool et critères légaux de qualité
Le pourcentage d’alcool minimum fixé par l’Union européenne est de 37,5 % pour tous les types de gin.
Le Gin La Suisse en donne une lecture parlante : plantes alpines choisies avec précision, expression nette du genévrier, et une identité qui ne cherche pas à en faire trop. Nathalie a sélectionné pour cette raison précise ce gin artisanal, où le terroir soutient l’aromatique sans jamais brouiller le message.
Origines et diversité mondiale du gin
Le gin naît aux Pays-Bas au XVIIe siècle. Son nom vient du mot néerlandais « genever », lui-même lié au genièvre, et rappelle que le genièvre reste la botanique fondatrice du spiritueux.
D’abord utilisé dans un cadre médicinal, il s’est imposé ensuite comme l’un des spiritueux les plus diffusés. Aujourd’hui, on le produit dans plus de 70 pays, sous environ 5 500 références : le rayon a donc pris un peu d’ampleur, discrètement.
À l’inverse d’une lecture strictement réglementaire, la scène internationale montre des styles très contrastés. Certains gins japonais misent sur des botaniques locales comme le yuzu et sur la pureté de l’eau, quand des gins suisses s’appuient sur des plantes alpines pour proposer un gin aromatisé plus ancré dans son paysage. Nathalie a réuni une sélection de ces styles à la cave, des références japonaises aux gins alpins suisses, à retrouver parmi les gins disponibles à la cave.
London Dry Gin et Old Tom Gin, deux styles de gin contrastés
Entre le london dry gin, sec et net, et l’Old Tom Gin, plus souple et légèrement sucré, le contraste est franc.

Le London Dry Gin, un gin sec et précis
Le london dry reste l’un des types de gin les plus diffusés. Son style repose sur un profil aromatique tendu, porté par les baies de genièvre et les agrumes. Le gin Bombay Sapphire en donne une lecture très connue : les botaniques sont distillées ensemble dans un alambic traditionnel, ce qui concentre les huiles essentielles avec plus de relief qu’une simple macération à froid.
Dès la première gorgée, ce london gin impose une trame claire face à l’amertume de la quinine. C’est ce qui le rend particulièrement à l’aise dans un Dry Martini ou un Gin Tonic : la sécheresse de sa trame soutient l’amertume de la quinine sans la couvrir. Son appellation répond aussi à une règle stricte : aucun arôme ne peut être ajouté après la distillation, en dehors de l’eau et d’une quantité infime de sucre, limitée à 0,1 g par litre.
Gin Bombay et gin Tanqueray, icônes du London Dry
Le gin Tanqueray en est un bon repère, avec une expression fidèle à la sécheresse et à la précision attendues d’un london dry gin.
En bouche, la différence se joue sur l’équilibre des botaniques. Le gin Bombay avance sur des notes plus florales et d’agrumes, là où le gin Tanqueray développe un registre plus épicé et résineux, très marqué par le genièvre. Deux manières d’explorer un même style, sans avoir l’impression de changer de famille à chaque verre.
On y croise aussi des expressions artisanales, parfois travaillées avec des plantes locales comme le thym ou l’edelweiss. En complément, certains gins japonais misent sur le yuzu ou le sakura, tandis que des cuvées bio ou de terroir vont vers des accents plus floraux et herbacés. Nathalie a sélectionné pour cette raison précise un guide pour choisir le gin selon le verre : types de gin pour un Gin Tonic réussi.
L'Old Tom Gin, l'ancêtre sucré du gin moderne
L’Old Tom Gin apparaît dans les années 1730. Il fait le lien entre le genever néerlandais et le london dry moderne, avec un style plus rond et plus doux.
À l’inverse du london dry gin, l’Old Tom ne dispose d’aucune définition européenne officielle. Sa texture, souvent plus dense et légèrement maltée, convient mieux à une dégustation pure ou à des recettes historiques comme le Tom Collins. Dans un Gin Tonic, il offre un résultat moins tranchant : à privilégier avec des cocktails classiques liés à l’âge d’or du gin anglais, ceux qui aiment un peu de douceur dès le départ y trouvent souvent leur compte sans discuter.
Sloe Gin, gin goût amer et histoire du gin
Au-delà du gin classique et du london dry gin, il existe d’ autres types de gin qui élargissent réellement la palette de dégustation et aident à choisir son gin selon le moment. Le Sloe Gin, le flavored gin et les gins vieillis étendent le paysage des types de gin, chacun avec sa logique de fabrication, son style et son usage.

Le Sloe Gin, une liqueur fruitée à part entière
Le Sloe Gin naît d’une macération de prunelles dans du gin avec du sucre, sans redistillation. C’est un point décisif : là où un distilled gin ou un gin anglais construit ses arômes par distillation de botaniques, ici le fruit infuse directement dans le spiritueux.
Le résultat est plus doux, plus souple, plus liquoreux. Son degré minimal se situe autour de 25 à 30 %, donc nettement sous les 37,5 % requis pour un gin classique; autrement dit, le fameux gin alcool qui rend fou de vieille réputation n’est pas vraiment le sujet ici, même si le verre peut se vider avec une facilité un peu trop convaincante.
- Prunelles de saison : cueillies après les premières gelées d’octobre ou novembre, elles apportent une douceur fruitée et une légère astringence caractéristiques.
- Repos en obscurité : après la macération, le Sloe Gin repose environ trois mois au frais et à l’abri du soleil pour fondre ses arômes.
- Profil liquoreux : robe rouge profonde, texture douce, expression fruitée marquée; il s’agit officiellement d’une liqueur plus que d’un gin à proprement parler.
Nathalie a sélectionné pour cette raison précise des références où la trame de genièvre reste nette sous la prunelle, car des essences industrielles donnent vite un résultat plat, sans relief. Dès la première gorgée, cette tension entre fruit et baie change tout : le Sloe Gin garde alors du nerf, au lieu de glisser vers une simple douceur sucrée.
| Caractéristique | London Dry Gin | Sloe Gin | Old Tom Gin |
| Teneur en alcool | Min. 37,5 % | Min. 25 à 30 % | Variable, généralement 40 à 47 % |
| Méthode de fabrication | Distillation complète avec botaniques | Macération sans distillation | Distillation avec sucre ajouté |
| Profil aromatique | Sec, genièvre, agrumes | Doux, fruité, prunelle | Sucré, botanique, doux |
| Usage recommandé | Gin Tonic, Dry Martini | Dégustation, cocktails fruités | Tom Collins, dégustation |
| Définition européenne | Oui, stricte | Reconnu comme liqueur aromatisée à base de gin | Non définie comme catégorie spécifique |
Gin goût amer et rôle du tonic dans l’équilibre
Le gin goût amer perçu dans un Gin Tonic vient de deux sources : les baies de genièvre, qui donnent des notes résineuses légèrement amères, et la quinine du tonic. En bouche, la différence se joue sur la précision de cet équilibre, entre fraîcheur, amertume et tension.
Le tonic occupe plus des deux tiers du verre. À l’inverse, un tonic trop sucré ou trop neutre gomme les agrumes, brouille les botaniques et affadit le spiritueux ; un tonic artisanal, comme le Tonic peu dosé en sucre et doté de bulles fines, respecte mieux la structure du london dry.
Le gin alcool qui rend fou, histoire et réputation
L’expression gin alcool qui rend fou renvoie à la Gin Craze britannique du XVIIIe siècle. À cette époque, la surproduction de gins médiocres et leur consommation massive ont provoqué des désordres sociaux tels que le Parlement britannique a fini par légiférer.
Cette réputation s’explique aussi par certains styles fortement alcoolisés, notamment le navy strength, au-delà de 57 %. Son lien avec la Royal Navy tient à un critère très concret : même au contact de la poudre à canon, l’alcool ne devait pas empêcher l’ignition.
Entre new western gin, flavored gin, golden gin, yellow gin, gins vieillis et plymouth, sans oublier le gin anglais dans ses expressions les plus droites, chaque famille propose un rapport différent au fruit, aux plantes et à l’élevage. Certaines versions misent sur des profils très aromatisés, d’autres sur des essences d’ agrumes ou des notes boisées proches des fûts. Pour choisir son gin, Nathalie conseille de partir du profil aromatique recherché plutôt que de l’étiquette seule, une méthode souvent plus fiable que les promesses très habillées de la bouteille.
Foire aux questions sur les types de gin
Quels sont les 3 types de gin officiellement reconnus ?
La réglementation européenne sur les spiritueux distingue trois catégories officiellement reconnues : le gin, le distilled gin et le london dry gin. La différence tient surtout à la fabrication, au rôle des botaniques et à ce qui peut être ajouté après la distillation. Le point commun reste le genièvre, qui doit demeurer l’arôme dominant, même si les autres types de gin peuvent ensuite exprimer des styles très différents.
Quelle est la différence entre le gin et le london dry gin ?
Le gin désigne une grande famille de spiritueux au genièvre. Le london dry gin, lui, répond à un cadre bien plus précis : sa fabrication impose une distillation avec des botaniques naturelles, sans ajout d’arômes artificiels, et presque rien n’est permis après la distillation, en dehors de l’eau et d’une quantité minime de sucre. En bouche, la différence se joue sur un profil plus sec, plus droit, souvent plus net que celui des autres types de gin, qui peuvent être davantage aromatisés ou plus souples dans leur style.
Comment choisir entre un london dry gin, un Old Tom Gin et un Sloe Gin ?
Un london dry convient très bien à un Gin Tonic classique ou à un Martini, grâce à sa trame sèche et à la précision de ses botaniques. À l’inverse, un Old Tom, plus rond et légèrement plus doux, s’accorde bien avec des recettes historiques ou une dégustation simple; le Sloe Gin, plus fruité et aromatisé, va plutôt vers l’apéritif ou des cocktails légers. Une fois le style choisi, le verre suit assez docilement, ce qui n’est pas toujours le cas des invités.